Fonds Bonafous

Fonds Bonafous

Kerner, Johann Simon. Figures des plantes économiques. A Stoutgard : Imprimé chez Christofle Frédéric Cotta, 1786. (Rés 130694, Tome 2, pl. 131)C’est en 1859, soit sept ans aprčs la mort de Matthieu Bonafous, qu’Alphonse Bonafous et sa sœur Aline, épouse Bouniols, honorčrent le souhait de leur frčre aîné en faisant don ŕ la bibliothčque municipale des ouvrages et archives de ce grand agronome lyonnais. Le fonds Bonafous, qui se compose de 57 manuscrits et d’environ 5900 imprimés représente aujourd’hui l’une des plus riches bibliothčques connues sur la sériciculture.

Une bibliothčque scientifique…
Parce qu’elle comprend de trčs nombreux ouvrages sur l’industrie séricicole, cette collection s’inscrit dans la longue tradition des soieries lyonnaises et occupe une place privilégiée au sein du patrimoine technique et historique de notre cité. Mais si les ouvrages traitant de l’élevage des vers ŕ soie, de la culture du műrier ou de la fabrication du textile constituent effectivement une large part du fonds Bonafous, la bibliothčque de ce savant, fidčle reflet de l’éventail de ses curiosités, couvre en réalité un champ bien plus vaste que la sériciculture.

Premičre page manuscrite extraite de : Augustin Pyrame De Candolle. Cours de botanique agricole. (Ms 6037)Outre des exemplaires des œuvres de Matthieu Bonafous lui-męme, qui abordent des sujets variés, cette collection, composée de volumes rédigés en français, en italien et en latin, rassemble un trčs large spectre d’ouvrages et de brochures scientifiques relevant de domaines aussi divers que l’agriculture, la botanique, la zoologie, la chimie, la physique ou la médecine. Kerner, Johann Simon. Figures des plantes économiques. A Stoutgard : Imprimé chez Christofle Frédéric Cotta, 1786. (Rés 130694, t. 4, pl. 364)Les sciences agricoles constituent l’axe directeur de cette collection qui se ramifie en une multitude de branches non seulement scientifiques mais aussi poétiques ou rhétoriques.

La poésie versifiée, en ce qu’elle permet d’illustrer l’observation de la nature et d’habiller le propos scientifique, est effectivement bien représentée. A côté d’une importante collection de recueils poétiques d’auteurs français et italiens sur divers sujets agrestes figurent en bonne place les œuvres de počtes grecs ou latins qui se sont intéressés ŕ l’économie rurale : Hésiode, Caton, Varron, Columelle ou Palladius, mais aussi et surtout Virgile et ses Géorgiques, dont on trouve un grand nombre d’éditions.

remarquable à plus dun titre

Riche par sa diversité thématique, le fonds Bonafous lest aussi par son étendue chronologique, qui englobe plus de cinq siècles : louvrage le plus ancien est un manuscrit du XIVème siècle reproduisant, sur parchemin, lOpus agriculturae de Palladius. Le fonds comprend en outre cinq incunables dont le plus ancien, une édition des Ruralia commoda de Pierre Crescenzi, remonte à lan 1471. Les ouvrages les plusLedermüller, Martin Frobenius. Amusement microscopique. Nuremberg : chčs A. W. Winterschmidt. Imprimé chčs De Lanoy, 1764-1768. (Rés 131362, t. 3, pl. 7) récents, contemporains de la mort de lagronome, datent du milieu du XIXème siècle. Riche, le fonds Bonafous lest encore et surtout par la rareté de certains traités techniques, qui sont pour beaucoup devenus introuvables, ainsi que par la valeur historique et bibliophilique de plusieurs ouvrages.

Sy côtoient de nombreuses pièces remarquables susceptibles dintéresser tout à la fois lhistorien, le scientifique ou le bibliophile. On citera, parmi beaucoup dautres, le Théâtre dagriculture et Mesnage des champs dOlivier de Serres, LAgriculture et Maison rustique de Charles Estienne, lHortus Eystettensis de Basile Besler ou encore le superbe Pomona Italiana de Giorgio Gallesio. Plusieurs recueils de dessins asiatiques, sur la culture du riz ou des vers à soie, méritent également une attention particulière.

Un vivant témoignage

Le fonds Bonafous renferme une mine dinformations précieuses pour qui sintéresse à lhistoire de lagriculture, de la botanique ou de la zoologie. Il permet dappréhender luvre du savant lyonnais dans un contexte scientifique élargi et de mieux apprécier sa place et ses apports au regard de lhistoire des sciences.Estampes pour servir ŕ l’histoire des animaux. A Paris : De l’Imprimerie royale, 1671. (Rés 6384) Plus généralement, ce fonds constitue un inestimable témoignage sur lactivité scientifique de la première moitié du XIXème siècle.

Une abondante correspondance permet au lecteur de se pencher, en témoin privilégié, sur le versant privé de la vie scientifique de lépoque et de se faire une vivante idée des relations que cet agronome lyonnais entretenait avec les savants de son temps. Au fil des lettres manuscrites, le lecteur peut ainsi faire la connaissance de grands naturalistes, comme Louis Agassiz ou Jean-Baptiste Balbis, du physiologiste Flourens, des vétérinaires Jean-Baptiste Huzard père et fils, de lastronome François Arago, ou encore du géographe Edme François Jomard, directeur de la mission française en Egypte Cest donc à un véritable voyage dans lhistoire et lintimité de la science que vous convie le fonds Bonafous.
Par un singulier hasard, on ne sait rien sur M. Legendre, collectionneur lyonnais dont les affiches sont à l’origine de l’important fonds de la Bibliothèque. Il légua en 1908 à la ville de Lyon quelques 500 pièces, superbement illustrées, qui ne procèdent pas d’une politique suivie d’acquisitions étalée dans le temps, mais du choix réfléchi (et sans doute affectif), d’un amateur.
Le point de départ est un panorama des principales productions des années comprises entre 1890 et 1914.
Avec, pour la France, outre d’innombrables affiches de Chéret, des noms comme Steinlen, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Grasset, Willette, Grün, Valloton, Dorival… Et, pour l’étranger,
ceux de Georges de Feure, Dudley Hardy, Aubrey Beardsley, John Rhead… .Certaines de ses affiches font parties de séries : Le Salon des cent, Le Musée de sires…
Plus tardives, d’autres pièces évoquent les deux guerres mondiales, vues de France comme d’URSS et des USA.
Dans tous les cas, les domaines les plus larges sont explorés :
réclames alimentaires, théâtres et music-halls, expositions et salons,
nouveautés du livre, propagande politique, appel à la générosité