Centre de Recherches et de Documentation sur la Chine Contemporaine

Documentation sur la Chine

Documentation sur la Chine

Diplomate et militaire, spécialiste de la Chine du 20ème siècle et en particulier du PCC, le Général Jacques Guillermaz figure parmi les fondateurs du Centre de Recherches et de Documentation sur la Chine Contemporaine, relevant aujourd’hui de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), qu’il dirigera jusqu’en 1976.
Diplômé de l’école de Saint-Cyr, il est attaché militaire adjoint à Pékin dès mai 1937, à la veille de l’invasion japonaise, puis à Chongqing de 1941 jusqu’en 1943, date à laquelle il quitte la Chine pour Alger. Après avoir participé à la libération du territoire français en 1944, il repart pour la Chine en 1945, en tant qu’attaché militaire, mais cette fois-ci à Nankin, où siège le gouvernement nationaliste chinois, et de là assistera à la prise du pouvoir par le PCC en 1949. Il quittera la Chine en 1951 et pendant les deux années successives sera en poste à Bangkok.

Observateur attentionné des événements politiques qui se déroulent non seulement en Chine mais aussi dans les régions avoisinantes, il est appelé en 1954 en tant que conseiller de la délégation française à la conférence de Genève sur le Vietnam, où il met à profit les relations qu’il a nouées par le passé avec des représentants du PCC de haut niveau. Afin que la France puisse avoir tout son poids non seulement au niveau politique et stratégique, mais même culturel et économique en Asie, il prône la nécessité que des spécialistes d’Asie contemporaine soient dûment formés, compte tenu du fait que la sinologie française traditionnelle a jusque là privilégié davantage les études sur la Chine classique. En 1958, sur proposition de la VIe section de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) – qui deviendra quelques années plus tard l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales -, il accepte donc de mettre sur pied et de diriger le Centre de Recherche et de Documentation sur la Chine moderne et contemporaine, autour duquel se ressemblent bientôt des jeunes chercheurs et des étudiants. Il en sera directeur jusqu’à sa retraite mais restera toujours au service de l’Etat dans le domaine de sa compétence. Ses activités de recherche et d’enseignement (il donnera entre autres un cours sur l’histoire du PCC), sauf deux interruptions en raison de nouvelles missions diplomatiques, vont donc durer jusqu’en 1976.

En 1964, il fait partie de la mission secrète envoyée par de Gaulle à Taiwan destinée à informer Chang Kai-shek de la décision prise au nom de la France de reconnaître la RPC. Par la suite, et jusqu’en 1966, il séjournera en Chine, toujours en tant qu’attaché militaire au sein de la représentation diplomatique française nouvellement installée à Pékin, figurant parmi les rares observateurs directs d’un pays à la veille de la Révolution Culturelle.

Sa bibliothèque personnelle donnée au Fonds chinois de la BM de Lyon, majoritairement en langue chinoise, est évaluée à 2500 volumes et comporte des monographies, des périodiques, mais aussi un fonds de documents très précieux concernant la Révolution Culturelle. Tous ces documents concernent la Chine du 20ème siècle, particulièrement l’histoire des idées et des mouvements politiques, le PCC notamment, mais aussi la littérature moderne chinoise et la sociologie. Elle reflète évidemment ses domaines de recherche privilégiés.